Comment ne pas partager les réserves exprimées par Jacques Delors le 20 juin 2007 quand il quittait lElysée après avoir parlé avec Nicolas Sarkozy du mini-traité en préparation ? "Tout dabord, il faut un protocole social, afin de bien montrer quon concilie lefficacité économique et la justice sociale, affirmait Jacques Delors. Deuxièmement, il faut un rééquilibrage entre léconomie et la monnaie. Ce sont deux points essentiels." Hélas, ces deux points sont totalement absents du mini-traité.
"Je conjure nos partenaires européens d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés, affirmait Nicolas Sarkozy, avec des trémolos dans la voix, pendant la campagne présidentielle. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples." Il voulait un changement radical des politiques européennes et personne ne le détournerait de cet objectif !
Comment a-t-il pu oublier aussi vite des discours quil lisait avec autant de passion ?
Le 24 mars 2007, quand tous les Chefs détat se retrouvaient à Berlin pour fêter les 50 ans du traité de Rome, Angela Merkel expliquait quil fallait "négocier un protocole social" et, le même jour, Romano Prodi affirmait dans
.
On ne peut donc pas dire que nos partenaires étaient hostiles à une réflexion sur le fond des politiques européennes. Quant à la négociation, il était prévu quelle dure jusquà la mi-2009.
Alors pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il voulu boucler aussi vite la négociation, en négligeant totalement les questions économiques, sociales et monétaires ? De guerre lasse, les autres dirigeants européens ont laissé faire, comme ils avaient laissé faire au Sommet de Nice